Essai TOYOTA RAV4 HEV 2WD Graphic

Autant dire que pour cette sixième génération, Toyota n’avait aucune envie de jouer les apprentis sorciers. Le RAV4 change, parfois beaucoup en apparence, mais conserve soigneusement ce qui a fait son succès. Reste à savoir si cette prudence constitue toujours une force face à une concurrence qui, elle, n’a jamais été aussi remuante.

La force tranquille

Difficile de confondre le nouveau venu avec son prédécesseur. Le regard s’affirme, les lignes se tendent et les passages de roues plus anguleux renforcent son allure de baroudeur. Pourtant, derrière cette carrosserie entièrement redessinée, la révolution attendra. La plateforme TNGA est reconduite, tout comme les dimensions, avec 4,60 m de long et 1,85 m de large. Même l’empattement demeure fixé à 2,69 m. Toyota a préféré faire évoluer une formule éprouvée plutôt que de repartir d’une feuille blanche. Un choix qui se retrouve jusque sous le capot. Car le RAV4 reste fidèle à ce que Toyota sait probablement faire de mieux : l’hybridation. Pas besoin de prise ni de changer ses habitudes dans cette version HEV 2WD, le système full hybrid se charge de tout. Cette nouvelle génération conserve le quatre-cylindres atmosphérique de 2,5 litres, désormais associé à une partie électrique renforcée. La puissance cumulée de notre version à deux roues motrices passe de 218 à 185 ch, sans que cela constitue une régression à l’usage. Avec un 0 à 100 km/h annoncé en 8 secondes, le japonais ne manque pas de ressources. Surtout, il profite de toute l’expérience accumulée par Toyota en matière d’hybridation, avec une gestion des flux d’énergie particulièrement transparente.

Sur la route, cette mécanique privilégie toujours la douceur à la démonstration. Les démarrages s’effectuent volontiers en électrique, les transitions entre les deux moteurs sont imperceptibles et les relances suffisamment vigoureuses pour ne jamais se sentir à la peine. En revanche, mieux vaut ne pas confondre disponibilité et agrément. À la moindre forte sollicitation, la transmission à variation continue fait grimper le quatre-cylindres dans les tours, avec cette désagréable impression que le bruit augmente davantage que la vitesse. Un travers bien connu des hybrides Toyota, qui s’accompagne ici d’une insonorisation globalement moyenne. Les bruits d’air et de roulement restent trop présents pour un SUV de ce standing.

La douceur, avant tout

Pour le reste, le RAV4 ne réserve guère de surprises. La direction se montre rassurante à défaut d’être communicative, le train avant n’invite pas particulièrement à hausser le rythme et les mouvements de caisse rappellent rapidement la vocation familiale de l’engin. Rien de très excitant, donc, mais ce n’est manifestement pas le cahier des charges. Le japonais préfère soigner ses occupants avec un amortissement moelleux et une excellente filtration des irrégularités. Même chaussé des jantes de 20 pouces de notre finition Graphic, il conserve cette capacité appréciable à gommer les imperfections de la chaussée. Un compagnon de voyage plutôt qu’un partenaire de jeu. Et un compagnon raisonnable à la pompe, avec une consommation homologuée comprise entre 4,9 et 5,2 l/100 km, quand un parcours mixte permet d’envisager environ 6 l/100 km sans effort particulier.

À bord, les habitués retrouveront également leurs marques. L’espace ne manque ni à l’avant ni à l’arrière, où la banquette accueille généreusement les passagers, tandis que le coffre offre 514 litres sous tablette. Voilà un vrai SUV familial, capable d’avaler passagers et bagages sans imposer de compromis. La présentation, en revanche, peine à susciter le même enthousiasme. Certes, la planche de bord a été redessinée et les deux écrans de 12,3 et 12,9 pouces modernisent l’ensemble. Mais les plastiques durs restent omniprésents et certaines textures paraissent franchement quelconques. À près de 50 000 €, difficile de ne pas tiquer, surtout lorsque les constructeurs chinois multiplient les intérieurs autrement plus flatteurs pour des tarifs souvent inférieurs. L’ergonomie souffle aussi le chaud et le froid. Toyota a eu la bonne idée de conserver de véritables commandes physiques pour les fonctions essentielles, notamment la climatisation. En revanche, le nouveau système multimédia, pourtant plus réactif et moderne, manque encore de logique dans l’organisation de ses menus. Certaines fonctions réclament plusieurs manipulations, notamment les aides à la conduite, dont les réglages ne sont pas toujours faciles à retrouver. Plus agaçant encore, certaines opérations sont verrouillées dès que le véhicule roule. Une précaution compréhensible sur le principe, mais qui devient irritante lorsqu’il faut s’arrêter pour modifier un paramètre que l’on aurait aimé pouvoir régler simplement.

La concurrence toujours plus affûtée

Reste la question du prix. Affiché à 49 450 € en finition Graphic, notre RAV4 ne manque certes pas d’équipements, avec notamment ses sièges avant chauffants et ventilés, ses réglages électriques ou encore son chargeur à induction. Mais à ce niveau de tarif, la seule réputation de fiabilité ne suffit plus forcément à faire oublier une présentation ordinaire et un agrément de conduite sans éclat. D’autant que la concurrence européenne a sérieusement progressé, tandis que les nouveaux acteurs chinois redistribuent les cartes en matière de technologie, de prestations et de rapport prix-équipement. Finalement, ce sixième RAV4 ressemble à une valeur refuge. Il ne cherche ni à surprendre ni à bousculer les habitudes, mais à offrir une automobile spacieuse, confortable, sobre et facile à vivre. Une proposition particulièrement rassurante pour les fidèles de Toyota, et tout aussi pertinente pour ceux qui découvrent la marque. Seulement voilà, dans un marché où l’achat d’une voiture reste aussi une affaire d’envie, le japonais semble avoir un peu oublié de se rendre désirable. Sa formule a fait ses preuves, mais suffira-t-elle encore longtemps ? Pour l’un des plus grands succès de l’automobile mondiale, la question mérite désormais d’être posée.

À retenir

Les plus

Confort et filtration, sobriété, habitabilité généreuse

Les moins

Présentation intérieur quelconque, moteur bruyant à l'accélération, rapport prix/prestations discutable

Note de la rédaction

12,7/20

Agrément de conduite : 10/20
Sécurité active et passive : 16/20
Confort et vie à bord : 14/20
Budget : 13/20
Fiche technique
MOTORISATION
Carrosserie
SUV
Année
2026
Energie
hybride essence
Cylindrée
2487 cm3
Nombres de cylindres
4 cylindres
Disposition des cylindres
en ligne
Alimentation
Injection directe
Puissance
185 ch à 0 tr/min
Couple
221 Nm à 0 tr/min
TRANSMISSION
Roue motrices
aux roues avant
Boite de vitesse
Automatique (CVT°
DIRECTION
Direction
Crémaillière et pignons
Type
Electrique
Diamètre de braquage
FREINAGE
Freins avant
NC
Freins arrière
NC
SUSPENSIONS
Type de suspensions
Train AV
Train AR
DIMENSIONS
Longueur
460 cm
Largeur
185 cm
Hauteur
168 cm
Empattement
Poids à vide
1735 kg
Réservoir
Pneumatiques
PERFORMANCES
Vitesse maximale
180 km/h
0 à 100 km/h
8 s
CONSOMMATIONS
Consommation mixte
4.9l/100km
Émission de CO2
112 g/km
TARIF
Prix de base
46450 €
Prix du modèle essayé
49450 €
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