La nouvelle norme ?
Depuis plusieurs années, BMW prépare le terrain. Concepts à répétition, annonces stratégiques… tout converge vers cette fameuse « Neue Klasse ». Derrière ce nom, une architecture entièrement dédiée à l’électrique, marquant une rupture avec la philosophie multi-énergies longtemps défendue par le constructeur. Au programme : plateforme 800 volts, batterie de grande capacité, et surtout une approche logicielle poussée ‘ le fameux SDV (Software Defined Vehicle). Exit la multiplication des calculateurs, place à une intelligence centralisée, plus réactive et évolutive. Sur le papier, BMW promet une expérience proche du thermique, enrichie d’un niveau d’assistance et de connectivité encore rare.
Côté design, l’iX3 tranche nettement avec les productions récentes de la marque. Un parti pris assumé, qui divisera peut-êtres. Mais c’est à bord que la rupture est la plus marquante. Face au conducteur, le traditionnel combiné d’instrumentation disparaît au profit du Panoramic Vision : une projection qui court à la base du pare-brise sur toute sa largeur. Spectaculaire au premier regard, ce dispositif s’avère rapidement lisible et bien intégré à la conduite. Les informations essentielles sont là, accessibles sans détour, sans pour autant envahir le champ de vision. On pourra regretter un manque d’interactivité plus poussée ‘ notamment dans la gestion des alertes ou de la navigation qui auraient pu profiter de ce terrain de jeu pour être spatialisées ‘ mais l’ensemble participe à une ambiance résolument high-tech. Le grand écran central vertical de 18 pouces complète le dispositif. Bien conçu, réactif, il nécessite néanmoins un temps d’adaptation. L’ergonomie, elle, reste perfectible : devoir naviguer dans des sous-menus pour ajuster la régénération ou les modes de conduite n’a rien d’intuitif. L’habitabilité, en revanche, répond aux standards du segment. L’espace aux jambes est généreux, malgré un plancher surélevé typique des plateformes électriques. La place centrale reste plus étroite, sans surprise. Le coffre s’inscrit dans la moyenne, mais l’ajout d’un frunk d’environ 60 litres s’avère pratique au quotidien. Enfin, si la présentation est soignée, la qualité perçue apparaît en léger retrait par rapport aux références habituelles de BMW.
Sous le plancher, l’iX3 50 xDrive embarque une batterie de 108 kWh, utilisant des cellules cylindriques pour optimiser densité énergétique et refroidissement. BMW annonce jusqu’à 800 km d’autonomie : un chiffre ambitieux, mais pas totalement déconnecté de la réalité.ss Lors de notre essai, dans des conditions favorables, la consommation s’est rapprochée des 15 kWh/100 km annoncés. Résultat : une autonomie réellement impressionnante pour un SUV de ce gabarit. Si les 800 km restent théoriques, envisager près de 400 km sur autoroute entre 10 et 80 % de charge devient crédible. Autre atout : une puissance de recharge pouvant atteindre 400 kW, permettant de réduire significativement les temps d’arrêt ‘ à condition, bien sûr, de trouver une borne capable de suivre. Dans cette version 50 xDrive, l’iX3 développe 469 ch et 645 Nm de couple. Des chiffres éloquents, surtout face aux 2,4 tonnes de l’engin. Pourtant, BMW fait le choix de la mesure. Ici, pas de brutalité inutile : les accélérations sont franches mais progressives, le couple parfaitement dosé.
Sur la route, le SUV privilégie la stabilité à l’agilité pure. Un choix cohérent, d’autant que BMW a fait l’impasse sur certaines technologies comme les roues arrière directrices ou la suspension pilotée. À la place, des ressorts classiques avec butées hydrauliques. Une solution simple, efficace… et plus légère. Le résultat ? Un comportement sain, prévisible, rassurant. La direction est bien calibrée, le poids se fait oublier plus vite qu’attendu, et l’ensemble conserve une certaine rigueur dynamique. Seul bémol : un filtrage perfectible sur les petites irrégularités, notamment avec les grandes jantes de la finition M Sport de notre modèle d’essai.
Au final, cet iX3 50 xDrive tient ses promesses. Endurant, performant, technologiquement abouti, il incarne parfaitement la nouvelle direction prise par BMW. Un SUV électrique qui ne se contente pas de cocher les cases, mais qui redéfinit certaines attentes. Reste que la concurrence ne dort pas. Entre un Mercedes GLC électrique très sophistiqué et un Volvo EX60 qui joue aussi sur les chiffres, la bataille s’annonce serrée. Mais une chose est sûre : avec cet iX3, BMW ne joue plus en rattrapage. Il impose désormais son tempo.
























