Essai MERCEDES 400 4MATIC

Chez Mercedes, on ne lâche rien pour proposer ce qui se fait de mieux en électrique. Et le nouveau GLC zéro émission en est sans doute la meilleure illustration, avec une débauche de technologies, des performances de premier plan et une efficience qui pourrait faire pâlir quelques citadines.

La démonstration de force

Mercedes n’en est déjà plus à ses premiers tâtonnements en matière d’électrique. Après une première génération incarnée par le décevant EQC, puis une deuxième salve de modèles aux ambitions parfois contrariées, la marque à l’étoile passe désormais à la vitesse supérieure. Et cette troisième génération entend bien remettre les pendules à l’heure. Face aux nouveaux BMW iX3 et Volvo EX60, Mercedes ne cherche plus simplement à proposer une alternative électrique. Elle veut imposer sa vision du haut de gamme de demain.

Avec ses 4,85 m de long, le GLC électrique prend ses distances avec son homologue thermique, qui poursuit sa carrière en parallèle. Le dessin conserve une certaine familiarité, mais la face avant dominée par une immense calandre lumineuse donne immédiatement le ton. Mercedes assume pleinement le spectaculaire, quitte à en faire un peu trop. Une philosophie qui prend toute sa dimension à bord. Avec l’option Hyperscreen, une dalle de près d’un mètre de large traverse toute la planche de bord, tandis que l’éclairage d’ambiance semble vouloir illuminer le moindre recoin de l’habitacle. Jusqu’au toit panoramique, dont les étoiles lumineuses parachèvent une atmosphère presque théâtrale. Un brin tape-à-l’œil ? Assurément. Mais pour qui apprécie ce genre de démonstration, l’effet est saisissant. La qualité de finition est sérieuse, même si l’omniprésence des écrans et des surfaces brillantes interroge sur la nouvelle définition du luxe automobile. Les matériaux ne sont pas systématiquement plus nobles qu’ailleurs, mais la technologie participe ici pleinement à la sensation de standing. Et Mercedes ne s’arrête pas au visuel. L’excellente installation Burmester 4D, proposée en option, ajoute des transducteurs dans les sièges pour faire littéralement ressentir la musique. Une expérience assez bluffante, qui transforme l’habitacle en véritable salon acoustique. L’ergonomie, elle, reste relativement intuitive malgré la profusion de fonctions, avec une interface réactive et quelques commandes physiques bienvenues.

Une puissance à canaliser

Sous cette avalanche d’effets se cache surtout une base technique particulièrement ambitieuse. Le GLC inaugure la plateforme MB.EA, exclusivement développée pour l’électrique, avec une architecture 800 volts et une batterie de 94 kWh utiles dans notre version 400 4MATIC. Deux moteurs électriques développent ensemble 489 ch et 800 Nm, transmis aux quatre roues. Mercedes a également retenu une boîte à deux rapports sur le train arrière, permettant de concilier accélérations musclées et efficience à vitesse élevée. Le résultat ? Un 0 à 100 km/h expédié en 4,3 secondes et jusqu’à 713 km d’autonomie homologuée, selon la configuration. Une fiche technique qui ne laisse plus grand-chose à envier aux meilleures références du marché.

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Sur la route, les 489 ch ne font pas semblant. À la moindre sollicitation franche de l’accélérateur, le GLC bondit avec une vigueur presque excessive pour un SUV familial. Les reprises sont instantanées et la poussée suffisamment brutale pour rappeler que l’électrique n’a plus grand-chose à prouver en matière de performances. Mais cette fougue masque difficilement les 2,5 tonnes de l’engin. En ligne droite, le Mercedes impressionne. Dès que les virages s’enchaînent, il retrouve une certaine lourdeur, avec une inertie perceptible et des changements d’appui qui réclament davantage d’anticipation. Les roues arrière directrices optionnelles facilitent les manœuvres et apportent un supplément d’agilité, sans parvenir à faire oublier totalement la masse. Un grand voyageur surpuissant, davantage qu’un SUV véritablement dynamique. Heureusement, la suspension pneumatique disponible dans le pack Technique soigne efficacement le confort. L’amortissement absorbe généreusement les irrégularités, tandis que l’insonorisation particulièrement travaillée contribue à cette impression de voyager à l’écart du monde extérieur. Mais la référence du segment se trouve peut-être ailleurs. Face au Volvo EX60, même équipé d’une suspension classique, le Mercedes conserve quelques mouvements de caisse parasites et une filtration légèrement moins aboutie. Le suédois parvient à offrir davantage de douceur sans perdre en rigueur. Une nuance qui n’enlève rien aux qualités du GLC, mais rappelle que la sophistication technique ne garantit pas toujours le meilleur résultat.

Sobriété remarquable

En revanche, sur le terrain de l’efficience, Mercedes frappe un grand coup. Malgré sa puissance et son poids, le GLC affiche une sobriété presque déconcertante. Sur route, il peut descendre aux alentours de 15 kWh/100 km, une valeur remarquable pour un tel engin. Même sur autoroute, la consommation reste suffisamment contenue pour envisager plus de 400 km d’une traite dans de bonnes conditions. La boîte à deux rapports prend ici tout son sens, en réduisant le régime du moteur arrière à vitesse élevée. Certes, le BMW iX3 conserve un léger avantage en autonomie grâce à sa batterie plus généreuse, mais le Mercedes se montre particulièrement économe en énergie. Une qualité autrement plus intéressante au quotidien que ses accélérations de sportive. La recharge n’est pas en reste. Grâce à son architecture 800 volts, le GLC accepte jusqu’à 330 kW en courant continu et annonce un passage de 10 à 80 % en seulement 22 minutes. Une promesse globalement tenue dans les faits, même si le BMW iX3 conserve une meilleure endurance à haute puissance. Il existe toutefois une ombre au tableau : les bornes rapides fonctionnant en 400 volts imposent un adaptateur facturé en supplément, sans lequel la recharge est tout simplement impossible. Et même avec cet équipement, la puissance plafonne à 100 kW. Une mesquinerie difficile à justifier sur un véhicule aussi ambitieux, surtout lorsqu’il prétend faciliter les longs voyages.

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Le GLC n’oublie pas non plus ses obligations familiales. Son empattement de 2,90 m libère un bel espace aux jambes à l’arrière, tandis que le coffre offre 570 litres, complétés par un généreux compartiment de 128 litres sous le capot avant. De quoi envisager sereinement les vacances à plusieurs. Mais avec son ambiance de salon technologique, ses performances impressionnantes et sa longue liste d’équipements optionnels, le Mercedes semble presque davantage destiné au parking d’un comité de direction qu’aux sorties du mercredi après-midi. Il sait tout faire, mais ne cherche pas vraiment à se faire discret. Reste enfin le prix, et c’est probablement là que la démonstration tourne à l’excès. Affiché à partir de 71 900 € en version 400 4MATIC, le GLC paraît encore relativement compétitif face à ses rivaux directs. Mais la facture s’envole rapidement dès que l’on souhaite profiter de ce qui fait justement son intérêt : Hyperscreen, suspension pneumatique, roues arrière directrices, sono Burmester, sellerie cuir ou toit panoramique sophistiqué. Un exemplaire généreusement configuré approche facilement les 100 000 €, voire les dépasse avec quelques options supplémentaires. À ce niveau, difficile de ne pas regarder du côté d’un Volvo EX60, moins démonstratif mais tout aussi technologique et souvent mieux équipé à tarif comparable.

Le nouveau GLC électrique n’en demeure pas moins une véritable réussite technique. Mercedes signe l’un des SUV électriques les plus aboutis du moment, capable d’associer des performances presque déraisonnables à une sobriété exemplaire et une recharge particulièrement rapide. Mais surtout, il démontre que l’électrique peut désormais répondre sans compromis majeur aux exigences des gros rouleurs. Une automobile spectaculaire, parfois excessive, qui cherche autant à convaincre qu’à impressionner. Et qui rappelle, au passage, que chez Mercedes, le progrès se paie toujours au prix fort.

À retenir

Les plus

Sobriété et autonomie, recharge rapide en 800 V, ambiance intérieure spectaculaire

Les moins

Poids sensible en virage, tarifs et options exorbitants, recharge 400 V contraignante

Note de la rédaction

15,8/20

Agrément de conduite : 17/20
Sécurité active et passive : 17/20
Confort et vie à bord : 15/20
Budget : 12/20
Fiche technique
MOTORISATION
Carrosserie
SUV
Année
2026
Energie
électrique
Type de Batterie
NMC
Capacité batterie
94 kWh
Puissance max de recharge
330 kW
Temps de charge
22 min (10 – 80 %)
Moteur (type et emplacement)
synchrone à aimants permanents, un par essieu
Puissance
489 ch à 0 tr/min
Couple
800 Nm à 0 tr/min
TRANSMISSION
Roue motrices
Traction intégrale
Boite de vitesse
2 rapports (moteur arrière)
DIRECTION
Direction
Crémaillière et pignons
Type
Electrique
Diamètre de braquage
FREINAGE
Freins avant
NC
Freins arrière
NC
Freinage regénératif jusqu’à l’arrêt
Oui
SUSPENSIONS
Type de suspensions
Pneumatique
Train AV
McPherson
Train AR
Multibras et roues directrices
DIMENSIONS
Longueur
485 cm
Largeur
191 cm
Hauteur
164 cm
Empattement
290 cm
Poids à vide
2535 kg
Pneumatiques
NC
PERFORMANCES
Vitesse maximale
210 km/h
0 à 100 km/h
4.3 s
CONSOMMATIONS
Consommation mixte
14.9kWh/100km
Autonomie
713 km (WLTP)
TARIF
Prix de base
71900 €
Prix du modèle essayé
71900 €
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