Le prix ne fait pas tout
Et comme souvent avec les constructeurs de l’empire du Milieu, la stratégie est limpide : en offrir beaucoup, pour nettement moins cher. Reste à savoir si cela suffit encore à faire la différence. Avec ses 4,66 m de long, l’Omoda 7 se situe dans la partie haute de la catégorie. Son dessin, fait de lignes tendues, de surfaces sculptées et d’une silhouette relativement élancée, cherche manifestement à séduire. On laissera à chacun le soin de juger le résultat, qui ne manque pas de quelques maladresses stylistiques, mais au moins le chinois tente-t-il de se construire une personnalité. Une démarche assez différente de celle de son cousin Jaecoo 7, qui préfère assumer pleinement ses airs de SUV façon baroudeur, avec une carrosserie taillée à la serpe. Deux interprétations d’une même recette technique, pour des clientèles que le groupe Chery espère complémentaires.
À bord, l’Omoda joue une partition désormais familière. Planche de bord épurée, grand écran central de 15,6 pouces, matériaux valorisants et assemblages sérieux : la présentation fait bonne impression, même si l’ensemble manque un peu d’originalité. L’espace ne pose aucun problème, notamment à l’arrière, et les 537 litres de coffre suffisent largement aux besoins d’une famille. La modularité reste toutefois assez sommaire, avec une banquette non coulissante et un seuil de chargement élevé. Rien de rédhibitoire, mais certains concurrents européens savent encore mieux exploiter leur gabarit. En matière d’équipement, en revanche, difficile de prendre le chinois en défaut. Pour 38 990 €, l’unique finition Premium embarque sièges électriques, chauffants, ventilés et massants, toit panoramique ouvrant, affichage tête haute, caméras à 540° et même stationnement télécommandé. Une dotation qui ferait presque passer certains catalogues d’options européens pour une mauvaise plaisanterie. Omoda pousse même le spectacle jusqu’à proposer un écran central capable de coulisser vers le passager. Une curiosité amusante à montrer à ses amis, mais dont l’intérêt quotidien reste à démontrer. D’autant que l’interface elle-même aurait mérité davantage d’attention : menus parfois labyrinthiques, fonctions essentielles enfouies dans l’écran et commandes tactiles omniprésentes. À choisir, on aurait volontiers échangé cette petite démonstration technologique contre quelques raccourcis physiques supplémentaires.
La douceur prime
Sous cette carrosserie, l’Omoda 7 reprend le système hybride rechargeable SHS-P déjà rencontré chez Jaecoo. Un quatre-cylindres 1,5 turbo essence de 143 ch travaille avec un moteur électrique de 204 ch, pour une puissance cumulée de 279 ch transmise aux seules roues avant. La batterie de 18,4 kWh promet jusqu’à 90 km d’autonomie électrique, tandis que la recharge rapide en courant continu peut atteindre 40 kW. Des chiffres particulièrement intéressants à ce niveau de prix, d’autant que l’architecture hybride permet de conserver une assistance électrique même lorsque la batterie affiche un niveau de charge faible. Sur la route, cette mécanique brille davantage par sa discrétion que par son tempérament. Les démarrages s’effectuent dans un silence appréciable, les transitions entre les sources d’énergie se font oublier et le moteur thermique n’élève que rarement la voix. Avec un 0 à 100 km/h annoncé en 8,4 secondes, les performances sont suffisantes, sans que les 279 ch se traduisent par une vivacité particulière. Il faut dire que l’engin accuse près de deux tonnes sur la balance. En revanche, l’efficience du système mérite d’être saluée. Lors de notre essai, nous avons parcouru près de 90 km en consommant les deux tiers de l’accumulateur, avant de relever moins de 6 l/100 km sur le tronçon de route suivant. Des résultats encourageants pour un SUV de ce gabarit, même s’ils restent naturellement tributaires du parcours et de la fréquence des recharges. C’est finalement lorsque la route commence à tourner que l’Omoda 7 révèle ses limites. Le confort est globalement convaincant, avec une suspension qui privilégie la douceur et une insonorisation soignée. Mais le comportement manque de cette homogénéité qui distingue encore les meilleures références du segment. La direction reste peu expressive, les mouvements de caisse rappellent rapidement le poids de l’ensemble et l’équilibre ne pousse guère à hausser le rythme. Sur chaussée mouillée, la motricité des seules roues avant se trouve assez facilement prise en défaut, tandis que l’adhérence disponible invite à une certaine retenue. Rien d’alarmant à allure normale, mais le conducteur ne retrouve pas toujours cette sensation de maîtrise immédiate qu’offrent les SUV européens les mieux mis au point. Le chinois se conduit volontiers sur un filet de gaz, beaucoup moins avec enthousiasme.
Concurrence interne
Reste un argument de poids, au sens figuré cette fois : son tarif. Même en tenant compte du malus au poids de 2 675 € applicable selon le barème 2026, l’Omoda 7 conserve un rapport prix-équipement redoutable, assorti d’une garantie de sept ans ou 150 000 km. Les concurrents européens peinent à rivaliser à prestations comparables, et même les propositions coréennes ou chinoises ne disposent pas toutes d’une dotation aussi complète. Mais cette générosité ne règle pas tout. L’image de marque reste à construire, l’ergonomie manque de maturité et le comportement routier n’atteint pas encore le niveau des références établies. Plus surprenant, l’Omoda 7 ne nous a pas autant convaincus que son cousin Jaecoo 7, pourtant techniquement très proche. Ce dernier assume davantage son identité de SUV, avec un style plus affirmé dans son registre et un positionnement tarifaire plus accessible. L’Omoda cherche à séduire par une présentation plus moderne, sans parvenir à offrir un agrément de conduite suffisamment distinct pour justifier pleinement ce choix. Finalement, la préférence se jouera surtout sur une question de goût. Une situation qui résume assez bien le défi d’Omoda : proposer beaucoup est une chose, donner une véritable raison de choisir son modèle plutôt qu’un autre en est une autre.





















