Essai AUDI Q4 Sportback e-tron quattro performance

Longtemps critiqué pour ses prestations trop proches de celles de ses cousins Volkswagen et Skoda, l’Audi Q4 e-tron profite de son restylage pour revoir sérieusement sa copie. Plus technologique, mieux présenté et toujours aussi convaincant sur route, il revient dans la course. Mais notre version quattro performance de 340 ch, facturée près de 86 400 €, pousse peut-être le bouchon un peu loin.

Cinq ans après son lancement, l’Audi Q4 e-tron avait besoin d’un sérieux coup de frais. Non pas que le SUV électrique d’Ingolstadt ait particulièrement mal vieilli, mais la concurrence ne lui a laissé aucun répit. Entre les BMW iX1 et iX2, les nouvelles propositions électriques de Mercedes et les modèles toujours plus compétitifs du groupe Volkswagen, difficile de justifier le supplément demandé pour les quatre anneaux. Surtout lorsque l’habitacle ne faisait guère mieux que celui d’un Skoda Enyaq, pourtant sensiblement moins cher. Audi semble avoir entendu les critiques et profite de ce restylage pour remettre les pendules à l’heure. Avec une surprise : le Q4 devient désormais beaucoup plus accessible en entrée de gamme, même si notre exemplaire d’essai raconte une tout autre histoire.

Extérieurement, les changements restent discrets. Quelques retouches sur les boucliers, une calandre redessinée, de nouvelles jantes et des signatures lumineuses modernisées suffisent à actualiser une silhouette qui n’avait pas particulièrement besoin d’être bouleversée. Dans cette déclinaison Sportback, le pavillon fuyant et la poupe musclée apportent une touche de dynamisme bienvenue, particulièrement avec le traitement S line de notre modèle. Une présentation sportive qui ne compromet d’ailleurs pas autant la polyvalence qu’on pourrait le craindre. Car avec ses 4,60 m de long et son empattement de 2,77 m, le Q4 profite toujours des avantages de la plateforme électrique MEB. L’espace aux jambes à l’arrière est généreux, la garde au toit reste convenable malgré la ligne de coupé et le coffre annonce 527 litres, soit même légèrement plus que celui de la carrosserie SUV traditionnelle. De quoi envisager sans difficulté une utilisation familiale.

Enfin un habitacle digne d’une Audi

Mais la véritable transformation se découvre en ouvrant la portière. Audi a pratiquement fait table rase du passé pour installer une planche de bord largement inspirée de celle du Q6 e-tron. Devant le conducteur, une instrumentation numérique de 11,9 pouces accompagne un écran central OLED incurvé de 12,8 pouces, tandis qu’un troisième affichage de 12 pouces peut prendre place devant le passager. Notre exemplaire en était d’ailleurs équipé, pour 800 € supplémentaires. La console centrale a également été entièrement redessinée, avec une présentation plus enveloppante et surtout beaucoup plus moderne. La qualité perçue progresse sensiblement. Les matériaux sont plus valorisants dans les parties hautes, les assemblages sérieux et l’ambiance générale correspond enfin davantage aux attentes suscitées par le blason. Tout n’est pas irréprochable, notamment certains plastiques durs encore présents dans les parties basses, mais le progrès est indéniable. L’interface multimédia, désormais basée sur Android Automotive, gagne également en rapidité et en fonctionnalités. Dommage toutefois que cette modernisation s’accompagne de la disparition des commandes physiques de climatisation, désormais intégrées à l’écran. Un choix qui ne facilite pas toujours les manipulations en roulant. Reste que l’ensemble donne réellement l’impression d’avoir changé de génération, alors qu’il ne s’agit officiellement que d’un restylage.

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340 ch, vraiment indispensables ?

Sous cette nouvelle présentation, le Q4 conserve sa plateforme MEB, mais profite des dernières évolutions techniques du groupe Volkswagen. Notre version quattro performance associe deux moteurs électriques, un sur chaque essieu, pour développer 340 ch et 560 Nm de couple. De quoi assurer une transmission intégrale et des accélérations particulièrement vigoureuses, sans pour autant transformer ce SUV de plus de deux tonnes en véritable sportive.

Les performances sont naturellement très confortables, avec des reprises immédiates et une réserve de puissance qui permet de dépasser sans la moindre difficulté. Mais le plus appréciable reste la facilité avec laquelle le Q4 exploite cette cavalerie. La transmission intégrale apporte une motricité rassurante et le comportement demeure parfaitement prévisible, même lorsqu’on hausse le rythme. Le châssis confirme d’ailleurs les qualités routières déjà reconnues au modèle. Bien campé sur ses appuis, précis et rassurant, le Q4 masque plutôt habilement son embonpoint. La direction manque certes de remontées d’informations, mais son calibrage permet de placer facilement la voiture. Quant à l’amortissement piloté, associé au pack Dynamique plus de notre exemplaire, il offre une réelle latitude entre maintien de caisse et confort. Les grandes roues de 21 pouces peuvent toutefois rappeler leur présence sur les irrégularités les plus marquées, avec quelques réactions sèches à basse vitesse. Sur les grands axes, l’Audi retrouve en revanche tout son savoir-faire. Stabilité, insonorisation et douceur de fonctionnement en font une excellente routière, capable d’enchaîner les kilomètres sans fatigue particulière. Et c’est finalement là que cette version de 340 ch pose question. Car si ses performances ne souffrent aucune critique, les 286 ch de la version performance à deux roues motrices paraissent déjà largement suffisants pour profiter des qualités du châssis. Le supplément de puissance apporte surtout une tranquillité d’esprit supplémentaire en matière de motricité, sans bouleverser fondamentalement l’expérience de conduite.

Des progrès, mais pas de révolution technologique

Sur le plan électrique, le Q4 reste fidèle à une architecture 400 volts, là où plusieurs concurrents commencent à adopter des solutions plus ambitieuses. Sa batterie de 77 kWh utiles autorise entre 543 et 556 km d’autonomie WLTP selon la configuration, notre modèle particulièrement équipé se situant nécessairement dans la partie basse de cette fourchette. Une valeur tout à fait convenable, sans toutefois établir de nouvelle référence dans la catégorie.

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La consommation homologuée oscille entre 16,2 et 17,5 kWh/100 km, mais il faudra naturellement compter davantage à vitesse autoroutière. Audi compense par une recharge rapide portée à 185 kW sur cette version quattro performance, permettant de récupérer de 10 à 80 % de batterie en 28 minutes dans des conditions optimales. Des performances sérieuses, même si les meilleures architectures 800 volts font désormais sensiblement mieux. L’ensemble témoigne surtout de la maturité acquise par la plateforme MEB au fil des évolutions. Sans révolutionner la voiture électrique, Audi propose un produit cohérent, suffisamment efficient et capable d’envisager sereinement les longs trajets. La recharge bidirectionnelle et les nouvelles fonctionnalités embarquées participent également à cette remise à niveau technologique.

Reste la question qui fâche : celle du prix. Car si le Q4 e-tron restylé débute désormais à 45 990 €, notre quattro performance S line réclame déjà 66 990 € avant de cocher la moindre option. Et comme souvent chez Audi, la liste des suppléments donne rapidement le vertige. Pack Tech Pro, toit panoramique, jantes de 21 pouces, pompe à chaleur, affichage tête haute en réalité augmentée ou encore suspension pilotée : notre exemplaire atteint finalement 86 390 €. Une somme considérable pour un SUV électrique compact, aussi convaincant soit-il. C’est finalement tout le paradoxe de ce Q4 restylé. Audi a corrigé l’essentiel de ses défauts, modernisé son habitacle, amélioré ses prestations et surtout repositionné intelligemment son prix d’accès. De quoi rendre le modèle à nouveau particulièrement intéressant face à ses rivaux premium, mais aussi à certains généralistes bien équipés. Simplement, rien n’oblige à pousser la configuration aussi loin que celle de notre essai. Avec une motorisation de 286 ch et quelques options judicieusement sélectionnées, le Q4 Sportback e-tron possède déjà tout ce qu’il faut pour convaincre. À vouloir absolument le plus puissant et le mieux équipé, on finit surtout par oublier ce qui fait désormais sa force : son rapport prix/prestations retrouvé.

À retenir

Les plus

progrès sensibles, performances et comportement, autonomie plus confortable

Les moins

tarifs des options, puissance de recharge quelconque, ergonomie

Note de la rédaction

14,3/20

Agrément de conduite : 16/20
Sécurité active et passive : 16/20
Confort et vie à bord : 14/20
Budget : 11/20
Fiche technique
MOTORISATION
Carrosserie
SUV
Année
2026
Energie
électrique
Type de Batterie
NC
Capacité batterie
77 kWh
Puissance max de recharge
185 kW
Temps de charge
27 min
Moteur (type et emplacement)
asynchrone à l’avant, synchrone à l’arrière
Puissance
340 ch à 0 tr/min
Couple
560 Nm à 0 tr/min
TRANSMISSION
Roue motrices
Traction intégrale
Boite de vitesse
Réducteur 1 rapport
DIRECTION
Direction
Crémaillière et pignons
Type
Electrique
Diamètre de braquage
FREINAGE
Freins avant
NC
Freins arrière
NC
Freinage regénératif jusqu’à l’arrêt
Oui
SUSPENSIONS
Type de suspensions
Pilotée
Train AV
McPherson
Train AR
Multibras
DIMENSIONS
Longueur
460 cm
Largeur
186 cm
Hauteur
161 cm
Empattement
276 cm
Poids à vide
2245 kg
Pneumatiques
NC
PERFORMANCES
Vitesse maximale
180 km/h
0 à 100 km/h
5.4 s
CONSOMMATIONS
Consommation mixte
15.8kWh/100km
Autonomie
476 km (WLTP)
TARIF
Prix de base
61990 €
Prix du modèle essayé
86390 €
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